"Society, you're a crazy breed"

Je ne vais pas vous écrire aujourd'hui à propos d'Eddie Vedder, même si j'adooooore sa voix, ses textes, etou. etou. :) Non!

Aujourd'hui, j'avais envie d'écrire sur ces petites phrases qu'on se répète souvent... voire sans cesse: la société attend des femmes que... - La société attend des hommes que... - la société attend des mères.pères que, attend des ados,...


J'ai pensé à ça en écoutant les premiers épisodes du podcast Mères à vif. Un podcast de la RTBF qui donne la parole à des mamans de tous horizons qui partagent un événement qu'elles ont pu trouver compliqué parce qu'elles se sont senties jugées par la société. Parce qu'elles se sont senties "hors des codes".


https://www.rtbf.be/info/dossier/les-grenades/detail_les-meres-a-vif-une-serie-de-podcasts-pour-sortir-de-l-image-de-la-maternite-ideale?id=10754253


Le premier épisode évoquait l'allaitement au biberon. Je me suis sentie d'autant plus concernée que c'est le choix que nous avions fait avec mon chéri pour Ellie. Choix que je ne regrette absolument pas.


Dans cet épisode comme dans les deux suivants, les femmes interviewées évoquent cette pression de la société par rapport à leurs comportements ou leurs souhaits de mères, de ne pas être mère, de regretter d'être mère.


Au fil de l'audition, d'abord, je me révolte! Mais on s'en fout de ce que la société veut?! Est-ce qu'on a pensé à ce que nous voulons? Ensuite, mes pensées s'envolent vers le livre de Fabrice (je sais pas pourquoi, j'ai toujours envie de l'appeler Francis?!) Midal Foutez-vous la paix! Et commencez à vivre. Fabrice Midal, par son récit, nous donne la permission d'être nous-même.


Foutez-vous la paix ! Cessez d'obéir. Vous êtes intelligent. Cessez d'être calme. Soyez en paix. Cessez de vouloir être parfait. Acceptez les intempéries. Cessez de rationaliser. Laissez faire. Cessez de vous comparer. Soyez vous-même. Cessez d'avoir honte de vous. Soyez vulnérable. Cessez de vous torturer. Devenez votre meilleur ami. Cessez de vouloir aimer. Soyez bienveillant.

Je ne vous spoile pas plus.


De là, je me suis rappelée ces interventions du sommet de l'inspiration, ou les différents passages des ouvrages que je peux lire par rapport à l'éducation, les récentes découvertes en neurosciences par rapport aux émotions.


Tous s'accordent pour affirmer que pendant trop d'années, on a refoulé nos émotions, on s'est contraint.e.s à les taire pour nous conformer à un cadre qu'on nous imposait et, quelque part, on s'est perdu et on apprend aux autres à se perdre. C'est ce processus qui engendre tant de difficultés du type 'burn out'. Je pense que c'est pour se défaire de ce courant que le développement personnel est en progression constante depuis dix ans.


Pour moi, l'exercice a toujours été compliqué, j'ai souvent eu l'impression de ressentir 'trop'. Maman m'a souvent dit que je balançais mes émotions, en l'état, sans filtre. Et, à l'époque, je pensais que c'était mal! Finalement, j'ai développé une peur de l'autre. Qu'allait-on penser de moi. Le moindre de mes geste devenait conditionné par ces questions. Suis-je quelqu'un de bien? et surtout, me voit-on comme quelqu'un de bien?


L'entrée dans la maternité est un électrochoc que j'identifie souvent comme le commencement réel de la transformation (pour d'autre, ce sera un burn out, un choc émotionnel, une rupture, un deuil) qui pousse à se recentrer sur soi et sur l'essentiel.


Donc, j'ai décidé de changer ma vision du monde.


Et si, ce que j'avais appris jusqu'ici était biaisé parce que je me posais les mauvaises questions? Dans le privé comme dans le professionnel, ces questions d'introspection qu'on a toujours évité de se poser et dont je parlais aussi dans un billet il y a quelques semaines.


Quelle est la vie que je veux mener? Quels sont les verbes que j'ai envie de conjuguer dans ma vie? Qu'est-ce que j'aime? Qu'est ce que je veux être? (en lieu et place de qu'est ce que je dois faire pour réussir? Qu'est-ce qu'on pense de moi...)

Pour en revenir à ces podcast, j'avais envie de proposer de partir d'un nouveau postulat: Je suis qui je suis, entière, comme je suis. Je progresse en fonction de qui j'ai envie d'être pour moi. (si j'ai envie d'être une maman affectueuse c'est parce que c'est important pour moi de déployer cet amour. Si j'ai envie d'être généreuse, à l'écoute, c'est parce que c'est important pour moi. Je n'ai pas eu envie d'allaiter) Les choix que je pose sont ceux que j'ai pu poser avec le savoir, l'ouverture d'esprit, les émotions ressenties de l'instant.


J'ai du coup essayé d'accueillir les regards et les questions des autres non comme un jugement "contre" ma personne mais plutôt comme une interrogation qui résonne pour eux, dans leur for intérieur.


Tous les auteurs en développement personnel et en communication s'accordent pour penser que lorsqu'on fait un reproche à quelqu'un c'est parce qu'il vient titiller quelque chose en nous.


Vous savez ce que j'ai découvert depuis quelques mois? En arrêtant de me demander ce que pense mon interlocuteur ou de croire qu'automatiquement celui-ci serait dans le jugement. Je me suis ouverte. J'ai arrêté de me comparer et de me considérer comme "pas assez". Et je vous assure que cette transformation m'est salutaire.


Ce stress des premières semaines en tant que maman s'est envolé, ce temps que je passais à me dire mais pourquoi ça a l'air si simple chez les autres? Pourquoi il n'y a que moi qui ait la trouille et qui l'exprime? Pourquoi je me sens si maladroite? Suis-je libre de dire que je me sens à côté de la plaque sans qu'on le reçoive comme une plainte?


Je me suis rendue compte que d'abord, j'étais loin d'être la seule et qu'en partant du principe que l'autre est bienveillant, je ne cherchais pas à donner une image de moi "parfaite". Ca a permis, aussi, à d'autres de partager leurs expériences avec moi, juste partager, pas conseiller, pas se positionner comme "mieux" ou "moins bien".


Je vous avoue que ce n'est pas encore acquis et que parfois je retombe dans mes travers. Surtout vis-à-vis de mes très proches. Sans doute parce que j'ai envie qu'ils soient fiers de la personne que je suis. En fait, je pense que c'est si difficile d'avoir ce recul avec nos proches parce qu'on a peur de perdre leur amour.


C'est marrant parce qu'avec mon frère, que j'essayais tant d'impressionner avant, on a vécu tellement de trucs et surmonté quelques montagnes ces dernières années que cette crainte de le perdre a disparu. Nos relations n'en sont qu'apaisées, sereines et plus justes.


Pour résumer et paraphraser F. Midal, vous êtes parfait.e tel.le que vous êtes et quand vous échangez avec l'autre, soyez vous-même! Les questions et interrogations des autres sont, en principe, bienveillantes et à défaut, elles réveillent quelque chose chez eux. Ce n'est pas vous qu'on remet en cause. Sentez-vous libre d'être vous-même, vous le valez tellement bien!


La seule chose que vous risquez en agissant de la sorte c'est de partager avec beaucoup plus de légèreté et de développer un esprit ouvert et positif.