Secrets de famille: Ces silences qui nous gâchent la vie de Yvonne Poncet Bonisol

En ce moment, je dévore les livres de développement personnel. J’avais eu vent de la parution de celui-ci par le magazine FemininBio, magazine français que j’affectionne.


C’est un super ouvrage d’initiation au sujet des secrets de famille. Je n’étais pas familière avec la notion et Yvonne Poncet Bonisol décrit tout à fait bien les différents “secrets”.


Il y a le secret “plume” qui est plutôt un petit mensonge ou une omission volontaire dans l’optique de créer une surprise à quelqu’un ou de lui fabriquer un cadeau. Par sa description, on comprend tout de suite que ce “type” de secret n’est pas problématique.


La majeure partie de l’ouvrage porte sur ces secrets dits de plombs, présents dans de nombreuses familles et qui peuvent empoisonner la vie de plusieurs générations.

A titre d’exemple, on peut citer tous les secrets liés à la conception comme l’adoption ou une PMA qui seraient tus.


L’auteure cite aussi les deuils comme exemple de secrets impactant l’entourage. Par exemple: un cas de mort subite dans une famille et, où on aborde jamais la question. Cela devient un sujet tabou qui peut avoir des répercussions à long terme voire sur deux ou trois générations. Les situations décrites dans le livre sont assez frappantes. Je ne veux pas spoiler ;)


Certains exemples tels que d’avoir subi une faillite ou quelqu’un ayant vécu en camp de concentration démontrent que ces secrets peuvent porter sur tous les domaines de la vie.

Elle explique que, souvent, ces secrets ou des non-dits naissent de situations dans lesquelles la honte du protagoniste à l’origine du secret est tellement forte qu’elle surpasse la transparence ou la communication. D’abord, on se tait et puis, on se mure dans un silence.


Ce qui m’a frappé, c’est d’apprendre que délier le secret n’était pas aussi évident que cela et que la personne à l’origine de cette “libération”, même mue d’une bonne intention pouvait finalement créer un tsunami plutôt que de réellement libérer.


Dans un cercle familial où l’équilibre est parfois précaire, l’auteure invite à la prudence.


J’aurai aimé qu’elle livre quelques suggestions de questions clés à poser à son entourage pour amener la discussion, en douceur, dans ma famille. J’ignore s’il y a de “réels secrets” empoisonnants mais je trouve que j’en sais si peu sur ma famille de manière générale.


Mes grands-mères sont parties trop tôt, avant de livrer leur vécu et mon grand-père maternel, seul encore en vie, déteste parler de son passé. Il se cache derrière des philosophes et déclare peu ces émotions. Est-ce de la pudeur ou du secret?


De manière générale, je constate que le fait d’exposer un ressenti qui nous est propre, peut parfois être mal reçu. Parler, en toute transparence, d’une épreuve qu’on a vécue ou déposer un sentiment d’échec provoque parfois de la gêne ou un inconfort auprès de notre auditoire.


Du coup, de nombreux sujets deviennent tabous. Pour n'en citer que quelques uns, je trouve qu'on a, par exemple, du mal à parler simplement de difficultés professionnelles ou financières. On craint que la recherche d’échange ou le fait d’en parler soit synonyme de “se plaindre”.


On a aussi très peur du regard des autres. Ce qui fait que ce qui nous touche se rattache à la sphère intime et qui dit intimité, devrait impliquer de la discrétion ou de la pudeur.


Et bien, vous savez quoi? je ne suis pas d’accord!

Je ne sais pas vous mais moi, je suis incapable d'être 'en apparence'. Je n'ai jamais su montrer une image lisse et j'ai parfois (trop, aux yeux de certains) exprimé mon inconfort, mes doutes. Trop sérieuse? C'est ce qu'on m'a souvent dit.


Mais, en fait, je trouve qu’on devrait pouvoir se libérer auprès d’oreilles bienveillantes et attentives. Je trouverais beaucoup plus sain de pouvoir poser n’importe quelle question sans se sentir ridicule et sans avoir peur du jugement.


Je ne suis pas en train de dire qu’il faut livrer son intimité sur les réseaux n’importe comment, soyons clairs. Je trouve juste que toute question mérite de trouver réponse et qu’on devrait oser se tourner vers un proche ou quelqu'un qu'on estime compétent pour nous aider.


Et si notre génération était à nouveau confrontée à une 'révolution'? Soyons libérateurs de paroles afin que nos enfants (ou toute génération future si vous n'êtes pas parent) soient des adultes complètements épanouis.


Pour terminer, quels sont les sujets que vous trouvez compliqués à aborder en famille? avec vos parents? vos enfants? et de quoi avez-vous peur? (vos retours m’intéressent, n’hésitez pas à commenter)