On ne nait pas Maman, on le devient!


Le 7 juillet 2020, je publiais sur mon profil facebook, un enregistrement vocal de 12 minutes. J'y parlais de LA rencontre avec ma fille, la manière dont j'étais chamboulée. Le séjour à la maternité, première hospitalisation qui m'a effrayée, je dois bien l'avouer. Cette solitude ... de se sentir à l'ouest et qu'à la fois, pour certains aspects, on s'adresse uniquement à moi, la Mère, même quand le père est présent ou quand j'essayais tout mon possible pour le placer en avant, quitte à lui renvoyer un message contrôlant et d'en faire trop.

Je pensais en diffusant cet "épisode zéro" en faire un podcast.

Je me sens plus à l'aise à l'écrit au final :)

Cet épisode test a eu un effet, auprès de mes connaissances, auquel je ne m'attendais pas. Une ouverture de paroles.

Quel que soit le chamboulement vécu, la maternité engendre une sacré pression. J'imagine qu'on se la met nous-même, en nous imaginant que c'est ce que l'ON attend de nous (*l'idée d'incarner la bonne mère, la bonne compagne/épouse, de rester femme, ne pas délaisser son homme, de prendre soin de soi, etc.)

Ma vérité (je le répèterai souvent, ce que je dépose ici n'est pas forcément votre vérité, prenez uniquement ce qui vous semble bon pour vous) c'est que sans savoir expliquer pourquoi ni comment, je me suis retrouvée en vrac et que je n'avais aucun mot pour l'exprimer.

Tout à coup, à la naissance de ma fille, j'ai connu l'AMOUR INCONDITIONNEL, le vrai. Celui dont on attend rien et qu'on connait peu entre adultes et dans le même instant, j'ai connu la panique de tout perdre.

J'ai aussi détesté ma mère (pardon Maman, si tu lis ça, c'est passé tu sais) et pourtant, j'étais consciente que je n'avais pas le droit de refuser le lien grand-mère petite fille.

J'ai pris sur moi.

Alors qu'enceinte, tout le monde est présent et entourant, pendant le congé de maternité, je me suis sentie si seule. A la fois, j'avais envie de présenter mon bébé au monde entier et à la fois, de la garder pour moi encore un peu... et puis, il y a eu la Covid-19.

Que dire du rapport au corps? Du reflet de ce ventre tout vide, mou? de ce "nouveau corps" mutilé que je vais devoir apprendre à aimer. Oh bien-sûr j'ai lu plein de choses sur instagram, et oui, je suis fière que ce corps ait donné vie à un bébé en excellente santé - n'empêche que les vergetures sur mon ventre au 8e mois, elles ne sont pas luisantes de paillettes.

Heureusement, les premières semaines, je me suis peu regardée mais, je mangeais peu voire pas. La première chose que j'ai dit c'est j'avais pris 23kg et le manque de mobilité de fin de grossesse m'a choqué. Il faut que je perde tout ce gras! J'avais perdu 16 kg en 2 mois, il m'en reste toujours 4 après 14 mois... et j'ai encore un regard critique sur mon corps même si j'apprends à le considérer comme mon temple... il y a encore du chemin.

Que dire des douleurs dans le bassin les premières semaines mais de cette volonté d'être debout, de FAIRE, de tenir la maison, de ne pas se laisser aller, de promener tous les jours?

Que dire de cette volonté de plaire, de se retrouver à nouveau belle, de se voir au travers des yeux brillant de son chéri dans une période où, il y a peu de moment pour soi, pour le couple et où les deux sont exténués? où on se découvre et où on apprend à se connaître dans un autre rôle?

La culpabilité ressentie quand Mr part au boulot, de "rester" à la maison et d'arriver à être KO quand il rentre alors qu'on a "rien" fait de la journée.

Les incompréhensions; le fait de ne pas savoir exactement ce que bébé veut, les interrogations.

Tous ces sujets qui sont tabous, surtout entre femmes. On ne se parle pas en détails.

Ce qui s'appelle post partum, quatrième trimestre, baby blues, etc, même si les termes sont cités, tant qu'on ne le vit pas, on ne l'appréhende pas et pourtant, au moment où on aurait besoin de soutien, il n'y a rien, aucune structure n'est prévue au retour à la maison et, on se retrouve tellement perdue qu'on ne se met pas en recherche d'aide tout de suite.

Comment on s'en sort?

En être consciente est déjà une magnifique première étape - félicitez-vous pour ça!

Ensuite cherchez de l'aide. Une aide qui vous fait véritablement du bien. Qui vous convient. N'ayez pas peur de parler, les langues se délient et vous verrez que ça fait un bien fou de savoir que vous n'êtes pas seule. Et si vous avez besoin d'approfondir, ce qui était mon cas (beaucoup de choses que je pensais "résolues" me sont remontées à la tronche), faites-le.

J'ai commencé par un programme de reconnexion à soi car je ne savais poser aucun mots sur ce que je ressentais. Puis, je poursuis en m'intéressant énormément au développement personnel. Ca me permet d'avoir une approche "globale" Esprit, mental & Corps.

Petit à petit je remplace aussi ma garde-robe (j'ai plus envie de porter les mêmes choses) c'est important pour l'estime de soi.

Bref, j'essaie de faire le moindre petit pas qui m'amènera à incarner qui je suis vraiment. Sans crainte du regard des autres et sans demander pardon d'être là toutes les cinq minutes.

Mon moteur c'est ma fille.

Je veux qu'elle grandisse avec une maman imparfaite mais bien dans ses pompes. Qu'elle acquiert amour et confiance en elle, estime d'elle même, en dose suffisante que pour savoir affirmer son avis, sa position sans crainte que son monde cesse de l'aimer.

Je veux incarner l'exemple de l'épanouissement parce que je suis persuadée que l'exemple est plus criant que les règles.