J'ai failli quitter mon job par "cupidité"

Tout a commencé il y a environ un mois. Je suis contactée via LinkedIn par une agence de recrutement. Un poste de juriste s’est libéré à Charleroi et, on me demande si je pourrais être intéressée par une nouvelle opportunité.


Ma curiosité était piquée, j’ai voulu en savoir plus.


Je transmets mon CV et quelques réponses à diverses questions avant de passer un premier entretien avec l’agence de recrutement, ensuite un second avec la CEO de l’entreprise en question.


J’ai l’air de plaire.

L’entreprise a l’air sympa.

On m’assure que l’ambiance de travail est bonne.


Je serai seule juriste et, consultée uniquement pour des “cas complexes”.


Une proposition chiffrée est sur la table.


On en parle à la maison… Avantages et salaires compris, c’est l’équivalent d’un mois de crèche qui est sur la table. C’est du sacré beurre dans les épinards.


Après avoir galéré financièrement au moment où j’ai quitté le barreau, je suis toujours titillée par ce genre d’arguments. J’ai souvent peur de “manquer”, alors que globalement, je gagne correctement ma vie.


Mon chéri m’aide dans ma réflexion et me pose, notamment, les questions suivantes: “mais toi, qu’est-ce que tu veux dans ta vie?”, "Est-ce que les matières t’intéressent”? “qu’est-ce qui t’anime dans le pour ou contre quitter ton job?”


Je suis incapable de répondre du tac-o-tac.


Certes, je suis flattée que mon CV puisse intéresser mais quelque chose n’est pas fluide. Je décide d’en parler à ma cheffe de service actuelle. J’ai besoin d’être transparente dans ma démarche.


Lors de notre échange, je suis agréablement surprise par son respect par rapport au choix qui s’ouvre devant moi. Mais surtout, elle m’interroge, elle aussi, sur ce que je veux pour ma vie? Et puis, peut-être, je suis quelqu’un comme ça… quelqu’un qui a besoin de changer de job, de nouveauté permanente pour se sentir épanoui? Quelqu’un qui aime l’instabilité?


En rentrant à la maison, je me suis vue, si j’acceptais ce nouveau job, en train de courir pour essayer de rentrer, pas trop tard, pour ma poulette et j’ai compris que tout l’argent du monde ne remplacerait JAMAIS le temps que je peux consacrer à Ellie.


En revenant au boulot le lundi matin, après ces congés de pâques pollués par cette réflexion intense, je tombe sur ce magazine:



Evidemment, je le lis! Ca m’a fait un bien fou parce que d’une part, j’obtenais la confirmation que je ne suis pas dingue, insatisfaite (dans le sens péjoratif du terme) ou instable et que c’est plutôt sain de s’interroger sur son job, son implication, est-ce qu’on aime toujours ce qu’on fait? Est-ce qu’on prend du plaisir à ce qu’on fait? C’est pas parce qu’on a développé des compétences dans un domaine qu’on y est attaché ou figé toute sa vie et qu’on kiffe profondément ce qu’on fait.


Refaire le bilan régulièrement, s’assurer qu’on se sent toujours bien ou aligné et, à défaut, communiquer pour essayer de rectifier la trajectoire et se recentrer, Mesdames et Messieurs, en fait, c’est tout à fait sain!


C’est en osant agir de la sorte, penser à scanner nos ressentis, les écouter, qu’on évite le burn out.


J’ai appris aussi dans ce magazine qu’ enfin, de plus en plus de managers pratiquent le “job crafting” c'est-à-dire, partir des talents, des plaisirs de leurs collaborateurs pour construire le job adéquat ou les mettre sur des projets qui leur conviennent. L’idée étant qu’un collaborateur qui prend plaisir dans les tâches qu’il accomplit sera toujours plus performant qu’un spécialiste qui s’ennuie.


Ensuite, je suis tombée sur le sommet d’inspiration professionnelle. C’est un sommet gratuit sur 7 jours. Trois interventions par jour et des tables rondes.




Je suis super reconnaissante d’être tombée sur ce sommet parce que ça m’a permis de connaître des intervenants du développement personnel (et professionnel) belges. Jusque là, j’avais suivi beaucoup d’auteurs, de coachs, d’influenceurs français et je dois dire que je suis agréablement surprise de la pertinence et du contenu proposé par ce sommet d’inspiration.


Les lives sont plus intéressants les uns que les autres. Les parcours de vies partagés sont riches d’enseignements.


La première chose que j’ai envie de retenir c’est de déposer la culpabilité.

Depuis trois ans, je culpabilise. Avoir quitté le barreau est certes, la meilleure décision que j’ai prise mais l’inconfort de ne plus savoir qui je suis et ce que je veux de ma sphère professionnelle est parfois lourd et oppressant.

Pourtant, je n’ai jamais cessé de travailler, je suis toujours retombée sur mes pattes, j’ai toujours réussi