Exploration en slow motion au cœur des arbres

Ce week-end, j'ai participé à une formation "accompagnement par le mouvement" donnée par l'art thérapeute, danseuse, Kinésiologue, Doula, Isabelle Gilson.


Après avoir commencé la journée en posant une intention, on est parties en exploration dans un espace boisé juste à côté de l'association.


La première étape consistait à explorer, les yeux fermés, l'espace qui nous accueillait accompagnée par un ange gardien chargé de nous éviter de nous piquer, de nous blesser. L'objectif étant de reprendre possession de nos autres sens que la vue.


C'était assez marrant parce que mon exploration m'amenait constamment contre un arbre. La dame que j'accompagnais, elle, voulait absolument toucher des arbres et pourtant, n'en a approché qu'un.


Aucune des participantes ne se connaissait, il a donc fallu s'en remettre à une "collègue", en confiance pour rentrer dans l'exercice. S'abandonner à quelqu'un d'autre même si cette personne n'agit absolument pas comme on l'aimerait... entrer en relation autrement qu'avec des mots. Bel apprentissage duplicable dans un quotidien.

Comme Isabelle a souvent tenté de me le rappeler au cours de ce week-end, on a aussi le droit d'exprimer que quelque chose ne nous convient pas - sauf que moi, j'ai tendance à me dire, si j'ai pas de prise, je ne vois pas pourquoi je dépenserais de l'énergie à parler ou à créer un conflit.


On a ensuite enchainé, les yeux fermés, on repensait à notre intention et on laissait notre corps se mettre en mouvement jusqu'à ce qu'il ait fini (laisser le corps décider) sous le regard de notre co-stagiaire.


Sincèrement, cet abandon à l'autre, ce travail initié 'sous le regard de l'autre' ça m'a mis dans un inconfort incroyable. Je perdais le contrôle sur mon image et ma stature. Je perdais le contrôle sur ce que j'accepte de dévoiler ou de montrer à l'autre et me retrouvais en position de totale vulnérabilité.


Pourtant, j'avais le sentiment, tout juste avant ce stage, d'être quelqu'un qui n'a pas trop de problème à être vulnérable et à partager cette vulnérabilité.

Pour moi, rien que l'écriture de ce blog reflète ce partage de vulnérabilité.

A bien y réfléchir, c'est de la vulnérabilité contrôlée puisque je choisis ce que je partage.


Bref, je suis repartie de cette première journée avec une sensation incroyable de nausée. Je me sentais super mal. Sur la route entre l'association et la maison (40 min), je me sentais à l'ouest. J'oscillais entre la sensation d'une chute de tension ou de planer et ma conscience qui me disait "COCOTTE TU CONDUIS".

Je me suis arrêtée à la station de Spy pour prendre un coca et un biscuit au cas où je manquais de sucre et j'ai passé le reste du trajet à me répéter: " Anaïs, ne prends de cette séance que ce qui est bon pour toi".


Arrivée au centre de vaccination à Mons, je respirais enfin normalement mais franchement, je n'en menais pas large.


J'ai failli ne pas y retourner sauf que... on avait laissé nos affaires dans la salle pour le lendemain.


J'ai passé une bonne partie de la nuit à me demander si les animatrices accepteraient de renvoyer mes affaires par la poste, et à trouver un moyen de me défiler. En plus, je perdais du temps avec ma fille.


Au petit matin (6h30 - dimanche matin, un matin de week-end sans enfant où je pouvais normalement me lever à 8h30 tranquille), je ne pouvais plus dormir. J'ai décidé d'y retourner et de partager mon inconfort avec le groupe. Après tout, Isabelle était là pour répondre à ces interrogations.


En échangeant, Isabelle a expliqué que ça arrivait, que cette exploration intérieure est énergivore et qu'accompagner l'autre l'est tout autant. Hors, on incarnait les deux rôles lors de la journée et que c'est important de prendre un moment en fin de journée pour se déposer et intégrer ce qui s'est passé de la journée.


Elle m'a aussi expliqué qu'on a tous le pouvoir de placer un curseur sur ce qu'on accepte de travailler, de laisser émerger ou pas.


Vous vous imaginez bien que ma deuxième journée a été marquée par cette seconde intention 'le curseur' et que j'ai pu vivre ce parcours de manière beaucoup plus douce et sereine.


Je suis vraiment contente d'y être retournée car cette deuxième journée a été synonyme d'ancrage. J'espère avoir laissé, lors de cette première journée, ce qui devait être derrière moi. J'ai aussi entendu, je pense, le message que je devais intégrer et recevoir. C'était quand même un truc de fou!


Ce que j'ai préféré, accompagner avec éthique et en permettant aux stagiaires que j'ai accompagné de se sentir libre d'explorer, de prendre ou de laisser les propositions que je formulais.


Est-ce que cela vous tenterait de vivre cette expérience?